Assises. Le prévenu condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son voisin

Après 4 jours de procès, l'auteur des coups de couteau ayant entraîné la mort d'un jeune homme en mai 2015 lors d'une rixe entre voisin, a été reconnu coupable des faits. Il a été condamné par la cour d'assises à 20ans de réclusion criminelle.

06/04/2017 à 18:43 par lisa.puechagut

Le prévenu a été condamné pour le meurtre de son voisin, à l'issue de 4 jours de procès. -
Le prévenu a été condamné pour le meurtre de son voisin, à l'issue de 4 jours de procès. -

« Ce qui caractérise un procès pour meurtre, c’est l’absence d’une victime. Personne n’est là pour dire toute la souffrance qui a été la sienne. Personne n’est là pour exprimer ce que c’est que de se sentir mourir ». Ce jeudi 6 avril, devant la cour d’assises du Cantal, l’avocat général interpelle les jurés. « Personne ne peut vous communiquer cette souffrance. Mais il faudra que vous l’ayez bien en tête, lorsque vous rendrez votre jugement. On vous demande aujourd’hui si le prévenu avait l’intention de tuer et dans quelle mesure sa personnalité a influé dans son passage à l’acte ». Dans son réquisitoire, celui-ci va souligner le caractère intentionnel des faits ayant entraîné la mort. « L’intention découle de ce qui s’est passé avant, pendant, et après les faits. La victime était devenue pour lui, un objet de fixation. L’intention, c’est aussi le choix de prendre une arme pour avoir le dessus lors de la bagarre : un couteau papillon, piquant et affûté. Ce n’est pas un hasard. L’intention, c’est la zone frappée. Il vise le haut du corps : le visage, la poitrine, le thorax. L’intention, c’est le nombre de coups : onze. C’est un déchaînement de violence ». Évoquant les rapports d’expertise des médecins sur la personnalité du prévenu, l’avocat général soulèvera cependant la question de sa « responsabilité ». « Il a voulu donner la mort. Mais jusqu’où peut-on l’en tenir responsable ? La question a été posée au psychiatre. Le prévenu ne présente aucune pathologie mais au moins un trouble, caractérisé par une personnalité antisociale. Il présente une intolérance à la frustration. Y a-t-il une irresponsabilité car une altération de la conscience ? Vous devrez en tenir compte dans le choix de la peine », ajoutant que dans un tel cas, celle-ci serait alors « réduite d’un tiers ». L’avocat général a terminé ses réquisitions en demandant une peine de 15 ans de réclusion criminelle assortie d’un suivi socio-judiciaire d’une durée de 10 ans.

« Les coups de couteau désordonnés d’un homme qui veut se dégager »

L’avocat de la défense a quant à lui souligné « la solitude profonde » du prévenu. « Il y a une dévalorisation, qui est un peu le fil rouge de sa vie. Il ne faut pas rajouter de la souffrance à la souffrance. Je vous demande de faire preuve d’humilité et de bienveillance ». Dans sa plaidoirie, celui-ci remarque l’absence d’éléments caractérisant la préméditation. « Je vous demande de répondre non à cette question décisive. Les gestes de mon client ne doivent rien à la raison. Ils doivent à la peur, à la passion. Il n’y a pas d’intention ». Celui-ci a soulevé la question de l’alcool, très présent ce soir-là, tant chez l’accusé que chez la victime. « L’alcoolémie très élevée de mon client montre bien qu’il n’avait pas la capacité d’anticipation, de réflexion, de préparation du drame. Cela écarte toute idée de vengeance ». Reprenant les déclarations des témoins, s’accordant pour dire que, pendant la bagarre, l’accusé était au sol, maîtrisé par la victime qui « semblait avoir le dessus », l’avocat de la défense ajoute : « Il a le t-shirt sur la tête. Donc concernant les zones frappées : il tape à l’aveugle. Ce sont les coups désordonnés d’un homme qui essaie de se dégager. Quant au choix du couteau, il voulait impressionner. Le couteau, c’est le choix d’un homme qui a peur. Par ailleurs, s’il avait vraiment eu l’intention de tuer, il l’aurait poursuivi, dans la rage folle qu’on nous décrit. Il l’aurait poursuivi à la fin de la bagarre, alors que la victime rentrait dans son appartement ».

Après s’être retirée pour délibérer pendant près de 3 heures, la cour a finalement reconnu le prévenu coupable du meurtre, retenant le caractère intentionnel des faits, « compte tenu de l’arme, de la localisation des coups, de leur profondeur, de leur nombre et de leur violence, de l’état d’esprit de l’accusé au moment des faits ». La cour a également retenu l’altération du discernement du prévenu, qui voit ainsi sa peine réduite d’un tiers. Il écope ainsi d’une peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’un suivi socio-judiciaire pour une durée de 10 ans.

Retrouvez l’intégralité du compte rendu du procès dans notre édition du jeudi 13 avril 2017

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