Tribunal. Devant la justice pour des échanges de SMS érotiques avec une adolescente

24/01/2017 à 08:20 par Pierrick Delobelle

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Des échanges de messages à caractère sexuel entre un quadragénaire et sa jeune voisine. C’est ce à quoi devait répondre Stéphane* à la barre du tribunal correctionnel d’Aurillac jeudi 12 janvier dernier.

Ces faits de corruption de mineure se sont déroulés dans un village de l’ouest du département durant six mois. Stéphane qui côtoie ses voisins et notamment le père de la victime depuis longtemps a créé des liens avec Elodie*, jeune fille qu’il a vu grandir, âgée de 15 ans au moment des faits. « J’aime tes seins », « Viens dormir à la maison », « J’ai chaud à la braguette »« Vous avez eu des échanges de paroles qui n’ont pas lieu d’être » explique la présidente du tribunal. « Oui, j’ai eu des propos déplacés » concède Stéphane. « Aujourd’hui, j’ai honte. Je ne me suis pas rendu compte de la gravité de ces messages et je ne pensais pas que ça m’attirerait autant d’ennuis ».

C’est l’infirmière du lycée au sein duquel Elodie étudiait qui a donné l’alerte. « Vous aviez pris l’habitude d’offrir des cigarettes à Elodie, c’était un prétexte pour la voir. Votre épouse va se rendre compte de ce qu’il se trame et va vous mettre en garde tout comme la victime qui va vous envoyer un message pour dire « Arrête tes conneries ». Malgré ces alertes, vous avez continué » poursuit la présidente. « Je ne sais pas comment j’en suis arrivé là. Je ressens de la honte, un mal-être » affirme le prévenu, tête baissée. Présente dans la salle d’audience, Elodie était représentée par son avocate : « Il a manœuvré durant un certain temps pour obtenir ce qu’il voulait et a construit cette situation » affirme-t-elle réclamant 3 650 euros de dommages et intérêts.

Le procureur de la République a expliqué : « La corruption sur mineur est une infraction très difficile à définir. On réprime une intention. Il a gardé cette jeune fille sous son emprise en la dépannant avec des cigarettes. Monsieur a été diagnostiqué avec un niveau intellectuel faible, une immaturité prononcée et un besoin d’affection » requérant trois mois de prison avec sursis.

L’avocate de Stéphane a conclu : « Mon client a avoué l’existence de ces messages alors qu’ils ont été effacés… Il a conscience de ce qu’il a fait et il aura honte toute sa vie. Au départ, il ne voyait pas le mal jusqu’à ce que des adultes l’avertissent, ça évoque bien un comportement d’adolescent. Il est prêt à indemniser la victime ».

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. La décision sera rendue le 9 mars prochain.

*Les prénoms ont volontairement été modifiés.

P.Delobelle

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