Tribunal. « Cette affaire est l’exemple typique de ce que vivent les policiers »

Devant le tribunal de grande instance d'Aurillac jeudi 2 février dernier, un homme d'une vingtaine d'années était jugé pour des faits de violences envers trois policiers, intervenus au domicile du prévenu pour cause de tapage nocturne.

03/02/2017 à 15:53 par lisa.puechagut

Le prévenu a été reconnu coupable des faits et devra verser 200 € de dommages et intérêts aux victimes.  -
Le prévenu a été reconnu coupable des faits et devra verser 200 € de dommages et intérêts aux victimes. -

Devant le président du Tribunal de grande instance d’Aurillac, l’avocat de la partie civile brandit et commence la lecture d’une lettre du Ministère de l’Intérieur évoquant l’actuel malaise des forces de l’ordre en France. « Cette affaire est l’exemple typique de ce que vivent les policiers au quotidien, même à Aurillac », prévient-il.

Les faits remontent à août 2016, lorsque Sylvain*, Yannick* et Laura*, trois policiers, sont appelés à deux reprises au milieu de la nuit par les habitants d’une résidence aurillacoise se plaignant du niveau sonore trop élevé de la musique venant de l’appartement d’un de leur voisin. Les trois policiers arrivent sur place, se rendent devant l’appartement en question et demandent à son locataire, Damien*, un jeune homme âgé de 22 ans, de baisser le son. « C’est une personne et une résidence que l’on connaît bien puisque ce n’est pas la première fois que l’on s’y rend », explique Sylvain, présent durant l’audience et appelé à témoigner. En effet, le policier était déjà intervenu dans l’appartement de Damien le mois précédent, pour des faits similaires. Alors que les policiers le prient de baisser le volume pour la tranquillité des voisins, Damien aurait haussé la voix, affirmant « De toute façon, je fais ce que je veux, je suis chez moi ». Les policiers le menacent alors d’une verbalisation, le ton monte et le locataire leur aurait « claqué la porte au nez », indique l’avocat de la partie civile. Les policiers rebroussent chemin et sortent de la résidence quand, du haut de son balcon, Damien aurait alors craché sur les policiers, et proféré des insultes « à connotation raciste », témoigne Sylvain. Le prévenu, absent lors de l’audience, a déclaré aux autorités que les policiers l’auraient insulté en premier et qu’il n’a fait que « riposter ».

Pour l’avocat de la partie civile, « c’est une situation inacceptable. Où est le respect ? Cela traduit le quotidien de la police, a-t-il martelé. Les policiers sont appelés pour des nuisances sonores avérées et répétées. On intervient car il y a une demande des résidents. Ils sont appelés deux fois dans la même soirée, ce qui renforce encore leur sentiment d’impuissance, mais en plus on est insulté avec des propos racistes : « Sale blanc ! », « Macaque ! ». On ne sait plus quoi faire face à ces comportements », déplore-t-il, réclamant 300 € de dommages et intérêts pour chacune des 3 victimes. Dans sa plaidoirie, le procureur n’a pu simplement que réprouver « un comportement hélas de plus en plus fréquent, qu’il faut tout de suite condamner », en requérant 500 € d’amande pour le délit et 100 € de réparation.

Le tribunal a finalement reconnu Damien coupable et l’a condamné à 200 € de dommages et intérêts à verser à chacune des victimes.

*Les prénoms ont volontairement été modifiés

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